Quartier Trez Castel
Le quartier Trez-Castel
C'est le plus ancien de Salon, le quartier populaire, peuplé à la fois de paysans et de citadins. Trez-Castel signifie "derrière château". Il s'étendait à l'ouest entre la falaise du château et les remparts qui suivaient le cours de la porte d'Arles (actuel cours Camille Pelletan). Il se prolongeait par la Glacière et Tripoli (un quartier aujourd'hui disparu).
La rue principale est la rue Trez-Castel : y étaient installées des auberges et des tavernes où, au XVIe siècle, venaient s'encanailler bon nombre de gentilshommes, dont ceux de la cour du grand prieur Henri d'Angoulême, gouverneur de Provence et protecteur des belles Lettres. Trois poètes, amis du Gouverneur, Louis Bellaud, Pierre Paul et Malherbe, à la sortie d'un repas bien arrosé, y firent une chute mémorable.
A l'extrémité de cette rue, se trouve la place de l'Ormeau, autrefois plantée de micocouliers et d'ormeaux, où se tenaient au Moyen Age les assemblées publiques. En 1463, on y créa un marché hebdomadaire en précisant que les marchands forains y tiendraient boutique. En 1864, on y établit une fontaine (qu'on a tenté, récemment, de reconstituer) et plus tard (au début du XXe siècle) un lavoir qui existe toujours. En face de ce lavoir, une maison à deux étage présente des fenêtres à meneaux, en partie obturées aujourd'hui, mais qui pourraient dater du XVe siècle. La tradition orale en a fait la première maison commune, mais rien de sérieux ne permet de l'affirmer.
De part et d'autre de la rue Trez-Castel, des ruelles vont vers le château ou relient le quartier au cours. Ce sont la rue du Four Trez-Castel, la rue de la Tour et de le rue de la Teinture.
La rue Four Trez-Castel fait communiquer les lices du château avec la rue Trez-Castel. Elle possédait un four banal (c'est-à-dire "affermé") où la population venait faire cuire son pain.
A côté, et dans le même sens, une ruelle aboutit aux pieds de la grosse tour, on l'a désignée sous le nom de la rue de la Tour. C'est cette rue qu'aurait empruntée au XVIe siècle, lors des guerres de la Ligue, le gouverneur de Salon, St Romans. S'enfuyant du château par une conduite de latrines de la grosse tour, attaché à une corde, il fut reçu par un soldat et un paysan de Trez-Castel. Mais il eut ensuite moins de chance, puisqu'il se fractura la cuisse, en sautant le rempart, aux abords de la tour Galagaspe.
De l'autre côté, la rue de la Teinture part de Trez-Castel pour rejoindre l'ancien cours de la porte d'Arles. Cette rue se terminait par la porte de la Teinture, attestée par de nombreux actes au XVIe siècle. Il faut se souvenir qu'au Moyen Age, les métiers polluants : les tanneurs, les teinturiers étaient relégués, hors les murs. En 1669, au cadastre figure le nom de Pierre Martel, teinturier dans cette rue.
Aujourd'hui, ce quartier, avec ses maisons modestes, accolées au château, est, en quelque sorte, un conservatoire du "Vieux Salon".
Texte de Magali Allègre Vialaron
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Page Actualisée le 7 mars 2026. Gilles Rigole
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