Quartier de la juiverie
LE QUARTIER DE LA JUIVERIE
Il allait de la porte du Puech (voir quartier du Puech), au sud de la ville, jusqu'à la place de la Loge (partie ouest de la place St Michel). Tout ce quartier (ancienne Juzataria) était sillonné par des rues plus ou moins étroites que l'on désignait sous le nom provençal de "carrières".
La présence des Juifs à Salon datait probablement du XIIIe siècle. Le seigneur-archevêque leur octroyait le droit d'élire trois consuls ("les baylons") qui prêtaient sermon sur la loi de Moïse. Un relevé des droits appartenant à l'archevêque d'Arles mentionne qu'en 1434, la communauté juive de Salon avait une synagogue, une école, un cimetière, une boucherie, un moulin, un four, un établissement de bains et de nombreuses possessions dans la ville et son terroir. Après le rattachement de la Provence à la France, en 1498, les Juifs ont eu le choix de partir ou de se convertir. On constate, toutefois, que la désagrégation de la communauté juive, en 1500, n'a pas changé, pour autant, l'appellation de ce quartier et que les familles juives converties (les d'Arles, de Cadenet, de Milan) ont continué d'y habiter.
Toutes les rues portaient des noms ayant un rapport avec la communauté juive : la rue de la juiverie était la rue principale. Bordée de maisons bourgeoises, elle communiquait avec la rue Bastonenq par un passage voûté; la rue Jacob, qui prolongeait la place de la Loge, portait le nom d'un Juif qui y habita en 1669; et une petite rue perpendiculaire, pourvue d'un puits, s'appelait rue du Puits de Jacob. La place principale du quartier était la "place Neuve", nommée ainsi, parce qu'elle correspondait à une extension de la ville au XIIIe siècle et par opposition à la place vieille du quartier Farreyroux (aujourd'hui, place de l'ancienne Halle). Elle était un véritable carrefour vers de nouvelles rues et au XIIIe siècle un point de liaison avec les quartiers chrétiens. Cette place était encerclée par des immeubles imposants et cossus, dont le plus connu était une maison à trois étages, celle de la famille de Grignan (où serait né Adam de Craponne). Il s'agissait d'une belle demeure, portant l'empreinte des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles. On dit que l'intérieur était très richement décoré, qu'on y trouvait dans chaque pièce des cheminées en marbre de Carrare ou marbre bleu. Le long de cette maison, dénommée, par la suite, maison Lombard, une rue faite d'escaliers et de paliers grimpait vers le château, c'était la rue de l'Echelle.
Rien ne fut épargné, tout ce quartier, pourtant fort pittoresque, fut entièrement détruit de 1963 à 1973. Dix ans après; s'élevèrent aux pieds du château, devant une place aménagée à l'italienne (la place des Centuries, dénommée ainsi, en 1984, en hommage à Nostradamus) des petits immeubles proprets de style néo-provençal. Il faut se rendre sur l'actuelle place Latil, pour imaginer ce qu'était la "place neuve", et surtout apercevoir, près de la Maison de la Justice et du Droit, les traces du passage voûté qui permettait à la rue Bastonenq de communiquer avec la rue de la Juiverie.
Texte de Magali Allégre Vialaron
Page actualisée le 7 mars 2026. Gilles Rigole
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