Quartier Arlaten

Ancien centre ville: Le quartier Arlaten



Ce quartier, peuplé d'artisans et de brasseurs, faisait la jonction entre le quartier résidentiel (Farreyroux) et le quartier populaire (Trez-Castel). La rue Arlaten était fermée par une porte, elle doit son nom à une famille, originaire d'Arles, les "Arlaten", arrivée à Salon au XIIIe siècle et qui gouverna la ville à plusieurs reprises. Un "Arlaten" aurait été envoyé par le Roi René aux Saintes-Maries de la Mer, afin d'y retrouver le tombeau des Saintes.
A côté, on trouve la rue Portalet, le nom lui vient de portail, une petite porte d'accès creusée dans le rempart, que l'on a démolie, en même temps que la synagogue (désaffectée), à la fin du XIXe siècle pour construire le café de Lyon (ancien magasin « la Maison d"Hôtes"). De la rue Portalet, part, à l'origine, une ruelle, une sorte de boyau tortueux, mal aéré, presque sans soleil, la rue Malespine qui rejoint la rue de l'Horloge. Le nom de cette rue vient d'une très ancienne famille salonaise qui a participé à l'administration de la cité (en 1584, apparaît, dans les délibérations du conseil de ville, le nom du noble Bérenger de Malespine). En 1720, on a barricadé la rue et fait évacuer ses habitants, à cause de la peste qui s'y était propagée.
Pour des problèmes de salubrité, la rue Malespine, comme la rue Arlaten ont été élargies en 1863-64 et en 1909 (suite au tremblement de terre).
Mais l'artère la plus importante du quartier est l'actuelle rue Moulin d'Isnard (autrefois rue de Lamanon). Au début de cette rue, on remarque encore aujourd'hui une maison, dite maison Benoît, dont la première construction doit dater du XVe siècle, alors que la porte d'entrée, surmontée d'un entablement, est probablement du XVIIe siècle. La tradition orale a souvent fait de cette maison un orphelinat, d'autres estiment qu'il s'agirait d'une maison de riches drapiers. En tout état de cause, avec ses arcs plein cintre et en anse de panier, elle est la plus ancienne de Salon. Un peu plus loin, on découvre des fenêtres à meneaux, au-dessus d'un porche (classées à l'inventaire des Monuments Historiques, depuis 1974). On ne sait s'il s'agit d'un réemploi de l'ancien Hôtel des Frères de Lamanon, situé dans cette rue (d'où l'ancien nom), ou d'une reconstruction à l'identique. Au XVIIIe siècle, est créé, tout près, un moulin à huile qui appartenait à la famille Isnard (d'où le nom actuel). Ce sont les voûtes d'ogives de ce moulin (dit moulin de Roca), qui ont permis à des historiens locaux d'y situer la première église de Salon, "la Beata Maria", disparue lors de la peste noire du XIVe siècle (hypothèse aujourd'hui abandonnée). Tout en bas, la rue de la Guérite rappelle la présence autrefois d'un poste de garde, tout près des remparts.
Avec son tracé sinueux et ses petits commerces, la rue Moulin d'Isnard est aujourd'hui la rue la plus pittoresque de Salon.


Article de Magali Allégre Vialaron

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Actualisée le 7 mars 2026. Gilles Rigole