* Consulter "les chroniques salonaises" de 1890 sur googlebook
LE COURS GIMON
Jean-Louis Marie Gimon est né à Salon le 12 aout 1808, descendant d’une longue
lignée de salonais. Il fait ses études chez l’abbé Vallière dont l’école se situait dans les
locaux de l’actuelle école de la Présentation. Il sera notaire royal à Grans en 1837 et
devient secrétaire de mairie à Salon à partir de 1830. Ce poste lui donne accès aux
archives de notre cité et à partir de ce moment, par passion, il va les classer et les
étudier. « Entreprise d’autant plus laborieuse et hardie, avait écrit Gimon, qu’il s’agissait
d’opérer par voie de découverte et de défrichement sur un sol encore inexploité »
(Introduction de M. Blanchard pour son livre « Histoire de Salon des origines à nos
jours »).
Gimon ne s’est pas contenté de cette rude tâche, sa passion l’a poussé à consulter
les archives d’autres villes (Aix, Arles …

mais également celles des notaires,
bibliothèques et à faire témoigner ses contemporains. Ce travail gigantesque de patience
et de documentation lui a permis d’écrire « Les Chroniques de la ville de Salon ». Cet
ouvrage incontournable pour toutes les personnes qui ont la curiosité de se plonger
dans la belle « saga » de la ville. Robert Brun lui reprochera malgré tout de n’avoir pas
assez approfondi ses recherches et d’avoir surtout parlé du « côté pittoresque des
évènements » (« La ville de Salon au moyen âge » 1924).
Les Chroniques salonaises s’arrêtent en 1792, car au delà de cette date la ville a traversé
la période très trouble de la Révolution. Il n’a pas voulu citer des personnes et des
évènements fâcheux « par crainte de contrister des familles salonaises honorables ». Son
ouvrage se termine donc par l’histoire de notre Maire Jean-André DAVID, suivit par la
copie, en latin (avec traduction) des anciens statuts de la ville datant du XIIème siècle. Ce
« pavé » fut édité pour la première fois en 1882 chez la veuve Remondet-Aubin éditeur à
Aix. Réédité par Jeanne Laffitte en 1974, on le trouve actuellement aux éditons Lacour de
Nîmes. Avant de le faire éditer, Gimon a publié quelques chapitres des « Chroniques »
dans une revue provençale « Lou Cassaire ».Photos « Lou Cassaire »
Louis Gimon sera juge de Paix du Canton de Salon en 1870 « Il est estimé de tous
pour ses qualités de jugement et son impartialité, sa connaissance des lois et des usages
du pays . » (Blanchard)
Nommé Président du syndicat des Arrosants, il rédige un mémoire
intitulé : « Syndicat des arrosants du canal de Craponne à Salon » édité en 1877.
Il écrit une notice dédiée au Bailli de Suffren ainsi que des poèmes en français et
en provençal.
Il reçoit les Palmes Académiques.
Ayant pris sa retraite il consacre son temps à l’écriture du deuxième tome des
Chroniques. Ce manuscrit se trouve aux archives municipales, il a été édité pour la
première fois en 2005. Cette réédition fut une découverte : Il s’agissait en quelque sorte
d’un inédit, un complément des premières « Chroniques » qui dormait sur les étagères
des archives municipales. Ce manuscrit est un complément précieux du premier
ouvrage, il traite des grands thèmes la vie salonaise sous l’ancien régime : Le
fonctionnement de la paroisse et du clergé, les anciennes confréries (40 à Salon !),
l’histoire des hôpitaux, l’origine des foires et marchés. Il traite également de la
biographie de salonais illustres (nobles , poètes, scientifiques …

. L’ouvrage se poursuit
par la copie des statuts municipaux de la ville donnés par Rostang de Cabre Archevêque
d’Arles en 1293 (Copie en latin, traduite en français). Le dernier chapitre est consacré à
la copie du testament de Nostradamus. L’édition de ce deuxième ouvrage a été l’œuvre
collective d’un groupe de passionnés : Jean-Michel Dumas libraire à salon qui semble
avoir été à l’origine du projet, Christian Lacour l’éditeur qui a proposé d’éditer l’ouvrage
gratuitement, Patricia Monti qui a su recomposer un manuscrit pour ainsi dire illisible ;
tous ces passionnés ont suscité l’enthousiasme de la municipalité et des archives :
Michel Tonon et madame Pelé. C’est ainsi que cet ouvrage majeur se trouve à la portée
de tous les passionnés de notre histoire salonaise.
PHOTO texte Jean Blanchard (parcours du manuscrit)
Gimon décède dans sa maison, rue Pontis, en 1894. Ses enfants étant décédés
avant lui, il lègue ses manuscrits à son beau frère Louis-André Reynaud dit d’Ursule.
Après être passé dans les archives de la paroisse ce manuscrit est cédé à monsieur
Blanchard qui le dépose aux archives municipales et s’en inspire grandement pour
écrire son propre livre. Il laisse une somme de 10 000 francs en faveur de l’hôpital de
Salon et ses maisons à sa nièce, Emilie Mouton. Il laisse également son portrait qui sera
exposé dans la galerie des généreux donateurs du Musée de la Crau. (Biographie de
Louis Gimon pages 387-388 du tome 2 des « Chronique »)
La ville lui rend hommage, en 1894, par son maire mr Chastel et décide de
débaptiser le cours du « Petit chemin » qui sera dorénavant le cours Gimon.
Sources : Archives municipales de Salon, Louis-Marie Gimon « Les Chroniques de la ville de Salon » 2 tomes.
Jean Blanchard « Histoire de Salon des origines à nos jours »
MYRIAM MAYOL