HISTOIRE DE SALON EN 1526
LES INSTITUTIONS SEIGNEURIALES
L'archevêque d'Arles est le seigneur absolu de Salon; il s'intitule
princeps et dominus insolidus castri Sallonis. En conséquence, tous ses sujets lui doivent l'hommage. Seul justicier, il possédait les droits de moyenne, haute et basse justice et les textes réaffirment sans cesse qu'il est le détenteur du
merum et mixtum imperium. Il disposait également de droits régaliens tels que péages, droit de leude, marchés, bladerie, mais il abandonnera les droits de poids et mesures aux consuls de Salon.
Tous ces pouvoirs restent intacts pendant la période étudiée; par contre certains autres sont battus en brèche, soit avant 1470 comme l'interdiction faite aux habitants de se constituer en communauté, soit au cours de notre période. Parmi eux, l'un des plus importants était le droit de faire des “coussous” ou des “deffens” et de les mettre en adjudication. L'archevêque était intransigeant en ce domaine, mais les syndics de Salon finirent par se passer de son autorisation et créèrent d'autres pâturages de cette sorte à des fins financières. Il en alla de même en matière de gabelle, rève ou soquet; l'autorisation préalable de l'archevêque, qui était nécessaire avant la mise aux enchères, ne fut même plus sollicitée par les syndics, d'où d'incessantes polémiques.
L'archevêque, résidant à Arles, el pendant quelques semaines d'été seulement dans son château de Salon, était représenté dans la ville par ses officiers dont voici les principaux:
le viguier était un administrateur de haute lignée en général. il n'était pas forcément étranger à la région. Une fois ses fonctions militaires disparues, il fut surtout le chef de la police et il recevait une partie des amendes provenant des délits mineurs;
le juge est presque toujours un gradué en droit et avait autorité dans le ressort de la cour temporelle de Salon qui s'étendait fort loin;
le clavaire était après le viguier le principal représentant de l'archevêque. De création relativement tardive, il devint rapidement le véritable trésorier du seigneur. Ce fut presque toujours un ecclésiastique et le plus souvent un chanoine de Saint-Laurent. Il cumulait les triples fonctions d'administrateur du domaine seigneurial, de percepteur des lods et trézains, el de payeur des gages dus aux divers officiers seigneuriaux. Les revenus du péage, de la leude el de la bladerie formaient l'essentiel des ressources ordinaires de l'archevêque, mais elles étaient le plus souvent mises aux enchères pour l'année.
Édition digitale annotée de ces deux articles de Philippe Paillard, parus en 1969 et 1970 dans la revue Provence Historique
Actualisée le 28 mars 2026. Gilles Rigole