Robert de Lamanon

ROBERT PAUL DE LAMANON





Suite la conférence de notre illustre salonais, une sortie avait été organisée en 2017

Sortie de Toulon avec photos

Biographie par Wikipédia

Biographie par Louis-Marie GIMON (fin XIXem)

Le texte ci-dessous en est une adaptation des pages 201 - 202 - 203 et 204 de son livre « Chroniques Salonaises » 2e partie
Les habitants de Salon, pour honorer la mémoire du célèbre naturaliste, ont fait placer son portrait dans leur hôtel de ville, parmi les portraits des illustres personnages du Pays Salonais et ils lui ont ensuite érigé une fontaine sous les ombrages d’une de leur promenade publique.

Le Chevalier de Paul de Lamanon Jean Honoré Robert, frère de Paul de Lamanon Pierre Louis Auguste physicien et naturaliste très distingué, correspondant de l'Académie des sciences de Paris et membre de celle de Turin, naquit à Salon, le 6 décembre 1752.

Ses parents le destinaient comme cadet de famille, à l'état ecclésiastique, alors que sa vocation l'entraînait au contraire vers les sciences physiques.
Après avoir fait sa philosophie au collège Saint Charles à Avignon et sa théologie au grand séminaire d'Arles, il avait été pourvu d'un canonicat qu'il possédait en commende, en attendant d'avoir l'âge requis pour entrer dans les ordres.

Mais, à la mort de son père en 1774, il avait alors 22 ans, il résigna son bénéfice et quitta pour toujours la soutane contre laquelle protestait trop évidemment sa jeunesse exubérante...avide d'agitation, et surtout très impatiente d'en quitter le joug.

La même année, il entreprit avec son frère Auguste, doué comme lui d'un caractère hasardeux et indépendant, un long voyage à pied, dans la seule fin de s'instruire mutuellement en étudiant ensemble les merveilles de la nature.

Les deux frères parcoururent en touristes les contrées les plus âpres de la Provence, du Dauphiné, de Suisse et une partie de la chaîne des Alpes et de celle des Pyrénées, s'arrêtant dans les villes placées sur leur itinéraire, moins pour s'y reposer que pour visiter les monuments, les établissements d'utilité publique et principalement les cabinets des collectionneurs.

Dans un séjour qu'ils firent à Turin, ils démontrèrent l'expérience alors nouvelle d'un aérostat. A Paris, où ils restèrent plus d'un an, ils se mirent en rapport avec toutes les sommités de la science et concoururent avec une élite de savants et d'hommes de lettres à la fondation d'une société scientifique et littéraire sous le nom de "musée".

Ces voyages durèrent plusieurs années après lesquelles les deux frères se virent forcés de revenir à Salon de Crau, à cause de la santé délicate de l'aîné Auguste, qui avait grand besoin de repos au milieu de l'air natal.
Là, Robert, dont le tempérament fougueux et robuste ne pouvait se soumettre aux habitudes calmes et monotones de la petite ville, continua de faire des incursions dans les parties montagnardes de la Provence, Comtat Vénaissin, Dauphiné, Hautes Alpes, revenant chaque hiver à Salon pour y mettre en ordre ses observations et en envoyer ensuite les résultats aux journaux de la capitale. Ainsi, le journal de physique publia différentes oeuvres de lui, à savoir:

en 1780, un mémoire sur des ossements fossiles de tortues qu'il avait aperçus dans les carrières d'Aix en
Provence:
en 1781, un article relatif à de grands ossements de cétacés découverts dans la rue Dauphiné à Paris,
en 1782, des remarques pour démontrer que les pierres gypseuses contiennent des coquillages d'eau douce,
en 1783, un mémoire où sont décrits des ossements fossiles que l'on trouve dans le plâtre de Montmartre, comme des oiseaux et une tête d'animal que Cuvier a désigné comme un Paloeotherium. Il fit lui même imprimer une brochure "Mémoire lithogéognosique sur la vallée du Champsaur".

Le naturaliste employait aussi de son temps à l'utilité de ses concitoyens. On trouve aux archives de Salon divers mémoires dont le récit est dû à sa plume. La ville l’envoya plusieurs fois en députation pour les affaires extérieures à la communauté. En 1779 à Aix pour un grand procès et en 1780 à Paris, à l’occasion d’un pouvoir en cassation d’un arrêt du parlement devant le Conseil d’Etat du Roi Louis XVI.

Ces missions étaient d’habitude largement rétribuées pour les frais de représentation et la lenteur des transports à cause du mauvais état de certaines routes, néanmoins il résulte d’une délibération du 13 février 1780 que lors d’un voyage à Paris, Robert de Lamanon quoique peu favorisé des biens de la fortune, ne voulut recevoir durant la durée de sa députation que 40 sous par jour, en sus de ses frais de voiture.

C’est que l’amour de la science en le rendant laborieux et tempérant, l’avait affranchi de ces besoins factices et dispendieux auxquels sont généralement assujettis les gens désoeuvrés.

Nommé premier consul de Salon le 26 décembre 1784, à la demande de Condorcet il se décide de monter à Paris pour faire partie de l’expédition extraordinaire de La Pérouse (Gimon écrit "La Peyrouse"), pour laquelle on équipait deux frégates la Boussole et l’Astrolabe. Il s’embarque sur la Boussole comme naturaliste mais sans vouloir accepter de traitement, afin de ne pas gêner son indépendance.
L’escadre mit les voiles le 1er août 1785 et le 24 De Lamanon faisait sur le pic de Tenerife avec le jeune Mongez, des observations de physique et de minéralogie qu’il envoya à Paris pour une insertion au journal de physique.
Plusieurs officiers et matelots de l’expédition ayant péri dans un naufrage près du Port des Français, sur la côte nord-ouest de l’Amérique, il composa l’inscription qui fut enterrée dans une bouteille au pied du cénothaphe élevé à la mémoire des victimes.

Sa mort tragique
Le 10 décembre 1787, la flottille se trouvant mouillée à l’archipel des navigateurs, Delangle, commandant de l’Astrolabe était débarqué à l’île de Maouna (Gimon en fin XIXem ne savait pas encore que c'est dans l'île de Vanikoro que le drame était arrivé) avec des hommes de son équipage pour faire provision d’eau. Lamanon et plusieurs autres naturalistes voulurent l’accompagner pour faire des recherches. Malheureusement les habitants étaient des sauvages dont il aurait fallu se méfier. Le lendemain 11, le groupe explorateur s’étant avancé dans l’intérieur de l’île tomba dans une embuscade où Delangle, Lamanon et d’autres camarades furent massacrés.

Ainsi périt à l’âge de 35 ans, Robert de Lamanon, un des pionniers les plus actifs et les plus regrettés de la science qui lui devait déjà tant d’utiles services et à laquelle il en aurait rendu assurément de bien plus grands encore.
On imprima de lui, à la suite de la relation du voyage de La Peyrouse quelques lettres contenant des observations scientifiques sur les Terebratulas de la
mer de Tartarie et sur une corne d'Ammon qu’il avait trouvé dans l’estomac d’une bonite


Il a laissé en outre plusieurs productions manuscrites auxquelles il n’eut pas le temps de mettre la dernière main. La plus remarquable est un grand ouvrage annoncé vers la fin de 1780, par le journal de physique, sur l’origine des montagnes et des vallées. Dans ce travail de longue haleine, destiné à devenir un jour, son œuvre, il avait imaginé un système particulier sur la théorie de la terre.
Il supposait que la surface actuelle des continents avait été longtemps occupée par de grands lacs ou étangs à différents niveaux, qui s’étaient ensuite desséchés successivement en rompant leur digue et en
laissant couler leurs eaux vers la mer. (Il ne pouvait envisager la tectonique des plaques théorisée, en fin XIXem, par Alfred Wegener)
Il attribue la formation des vallées, au creusement des eaux qui les parcourent et les épaisses couches de cailloux dont se trouve couverte la vaste pleine de la
Crau entre Salon et Arles étaient selon lui, dues à la Durance, qui s’embouchait autrefois dans cet endroit par le seuil de Lamanon(sur ce point il avait raison).

Ce qui lui avait suggéré, cette dernière idée, était une comparaison exacte, qu’il avait faite des cailloux de la Crau, et de ceux qu’entraînent les divers affluents de la Durance.
La nouvelle théorie de la terre, interrompue par l’expédition de la Pérouse n’a pu être achevée.
Après sa mort malheureuse et prématurée de l’auteur, son frère aîné, rassembla toutes les feuilles du précieux manuscrit et les fit déposer à la bibliothèque du Roi en même temps que divers mémoires de géologie et de minéralogie.



Page du 10 février 2026.Gilles Rigole