Quartier de Tripoly la glacières

LE QUARTIER DE TRIPOLY LA GLACIERE



Lorsque l'on descend l'actuelle rue Reynaud d'Ursule (nommée ainsi en 1918), dans la continuité du quartier du Puech, on trouvait la rue de Tripoly. Cette rue portait le nom d'une très ancienne famille salonaise : les Mark de Tripoly. Leur titre de noblesse datait de Louis XII qui le leur octroya en 1510. Les deux frères Louis et Guillaume fondèrent deux branches : Louis Mark, seigneur de Châteauneuf épousa Antoinette de Guast de Vénasque. Leurs enfants, principalement les filles, s'apparentèrent aux familles de l'Evesque, de Craponne et d'Isnard. Claude Mark de Tripoly fut nommé consul-maire de Salon en 1595. Sa maison, qui était située à la jonction des anciens remparts et des nouvelles murailles de la ville, joua un rôle d'observatoire (en particulier pendant les guerres de la Ligue) car elle dominait la Ferrage du côté ouest et la porte d'Aix du côté est. La rue de Tripoly se prolongeait par la rue de la Glacière.
Ce quartier était le plus élevé de Salon. La rue de la Glacière suivait la falaise et dominait le chemin de la Ferrage (actuel boulevard Jaurès). Ses maisons s'étageaient sur les rochers. Le nom de Glacière provient de l'ancienne fabrique de glace, installée là au XVIIe siècle. On sait que Louis XIV fit don et octroi à la Dame de Venel des glacières de Provence. C'est en 1651 qu'un dénommé Léonsel aurait obtenu l'autorisation du seigneur- archevêque et des consuls de construire un de ces établissements près de la cour de Lamanon (voir quartier du Puech). Par compensation le seigneur avait le droit de prendre de la glace pour sa table, "gracieusement, mais sans abus". Quant aux consuls, ils avaient "le franc glacé", c'est-à-dire le droit au transport gratuit de la glace. Bien-entendu, ces privilèges disparurent à la Révolution.
Le quartier de la Glacière se terminait par une placette totalement fermée, c'est l'actuelle place de Galagaspe . En effet, ce n'est qu'en 1910 qu'on décida de démolir un immeuble pour permettre à la place de communiquer avec le boulevard de la Ferrage. Aujourd'hui subsiste, encastrée dans des maisons, l'ancienne tour médiévale, dite tout Galagaspe ou tour Babylone.
Le nom de Galagaspe viendrait d'un certain Gaufrède de Galagaspe, habitant ce quartier au XIVe siècle. Il s'agirait d'un prêtre qui aurait défrayé la chronique par ses aventures. Il aurait décidé de s'enrôler dans les troupes d'Amiel et de Raymond des Baux qui détroussaient les voyageurs et volaient les paysans. Un triste sire, qui pourtant donna son nom à cette tour, devant laquelle était installé autrefois un puits, (fermé et dallé à la fin du XIXe siècle).
Il ne reste presque plus rien, aujourd'hui, de ce quartier, entièrement démoli (comme celui du Puech), à partir de 1958, à l'occasion de la construction du lycée de l'Empéri. La montée de la Glacière se termine par une grille fermant l'une des cours du lycée. Seul modeste vestige de ce quartier disparu, un petit groupe de maisons, qui borde la place Galagaspe.

Article de Magali Allégre Vialaron


Page actualisée le 7 mars 2026. Gilles Rigole