LA CHAPELLE MERE DE DIEU
Une chapelle Notre Dame de la Miséricorde a été édifiée dans les années 1770 en haut de l'actuel avenue Victor JAUFFRET, en vue d'accueillir les paroissiens, le temps de la reconstruction de l'église Saint Pierre-ès-Liens, à la suite d'un effondrement partiel
En 1880, le maire républicain, Victor JAUFFRET, entreprend le réaménagement de la Grand Rue, devenue trop étroite pour le trafic.
Il défend la création d'un large boulevard conduisant du centre ancien à la route de Salon. Ce projet est également l'occasion pour cet anticlérical convaincu d'obtenir la démolition de la chapelle en 1888.
En 1891, les paroissiens du quartier, usagers de l'édifice détruit, se mobilisent pour bâtir une nouvelle chapelle à proximité de l'ancienne.
La chapelle actuelle est alors érigée sur un terrain légué par la famille CALLAMAND avec le réemploi de l'ancienne façade principale qui est entièrement conservée et déplacée.
Au fil du temps, l'édifice se détériore progressivement jusqu'à connaître une procédure de péril.
En 2025, la municipalité, sous l'impulsion de son maire Philippe LEANDRI, organise un vaste chantier de rénovation du bâtiment et de ses abords pour redonner à l'ensemble son cachet originel.
La commune de Grans a initié la rénovation intérieure et extérieure de cette chapelle afin de la rendre accessible au public.
L'opération permet également de réaménager les extérieurs en créant un îlot de fraîcheur avec l'installation d'une fontaine et de mobilier urbain
Les travaux de rénovation ont été menés par l'association des peintres en décors du Patrimoine de l'école d'architecture d'Avignon.
Ils ont consisté en une réparation générale et un nettoyage de l'ensemble de l'édifice, avec notamment une reprise partielle de la charpente et de l'ensemble des murs intérieurs. L'autel a été entièrement restauré, ainsi que la rosace du plafond.
Les murs intérieurs ont été repris au plâtre et à la chaux. Les peintures sont de type "minéral" pour les décors et à la farine pour la porte.
La découverte sur site de fragments de peintures et de motifs de décors du XIXem siècle a permis de restituer à l'ensemble de la chapelle un décor mural identique, réalisé selon des techniques ancestrales.
Les panneaux en bois des soubassements ont été rénovés et des trompe-l'oeil réalisés sur les lambris, tout comme les faux pilastres et faux marbres entre la nef et le choeur.
Pour la partie extérieure et après un minutieux nettoyage de l'ensemble, la façade a été déminéralisée et protégée par divers procédés à base de chaux, et ses modénatures* rénovées.
Le soubassements ont été traités pour dissoudre les sels cristallisés en surface, puis recouverts d'enduits fouetté à la branche.
L'ensemble a été mis en couleur à la chaux pour donner à la chapelle sa patine d'antan et mieux protéger la pierre.
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les moyens utilisés pour animer une façade - vides - pleins - motifs - corbeau - corniche - moulure
réalisation le 3 janvier 2026. Gilles Rigole